Thơ » Pháp » Alfred de Musset
J’espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir,
En osant te revoir, place à jamais sacrée,
Ô la plus chère tombe et la plus ignorée
Où dorme un souvenir!
Que redoutiez-vous donc de cette solitude,
Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,
Alors qu’une si douce et si vieille habitude
Me montrait ce chemin?
Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,
Et ces pas argentins sur le sable muet,
Ces sentiers amoureux remplis de causeries,
Où son bras m’enlaçait.
Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,
Cette gorge profonde aux nonchalans détours,
Ces sauvages amis dont l’antique murmure
A bercé mes beaux jours.
Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,
Comme un essaim d’oiseaux, chante au bruit de mes pas!
Lieux charmans, beau désert qu’aimait tant ma maîtresse,
Ne m’attendiez-vous pas?
Ah! laissez-les couler, elles me sont bien chères,
Ces larmes que soulève un cœur encor blessé!
Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières
Ce voile du passé!
Je ne viens point jeter un regret inutile
Dans l’écho de ces bois témoins de mon bonheur.
Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,
Et fier aussi mon cœur.
Que celui-là se livre à des plaintes amères,
Qui s’agenouille et prie au tombeau d’un ami.
Tout respire en ces lieux; les fleurs des cimetières
Ne poussent point ici.
Voyez! la lune monte à travers ces ombrages.
Ton regard tremble encor, belle reine des nuits;
Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,
Et tu t’épanouis.
Ainsi de cette terre, humide encor de pluie,
Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour;
Aussi calme, aussi pur, de mon ame attendrie
Sort mon ancien amour.
Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie?
Tout ce qui m’a fait vieux est bien loin maintenant,
Et rien qu’en regardant cette vallée amie,
Je redeviens enfant.
Ô puissance du temps! ô légères années!
Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets;
Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanées
Vous ne marchez jamais.
Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice!
Je n’aurais jamais cru que l’on pût tant souffrir
D’une telle blessure, et que sa cicatrice
Fût si douce à sentir.
Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées,
Des vulgaires douleurs linceul accoutumé,
Que viennent étaler sur leurs amours passées
Ceux qui n’ont point aimé!
Dante, pourquoi dis-tu qu’il n’est pire misère
Qu’un souvenir heureux dans les jours de douleur?
Quel chagrin t’a dicté cette parole amère,
Cette offense au malheur?
En est-il donc moins vrai que la lumière existe,
Et faut-il l’oublier, du moment qu’il fait nuit?
Est-ce bien toi, grande ame immortellement triste,
Est-ce toi qui l’as dit?
Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m’éclaire,
Ce blasphème vanté ne vient pas de ton cœur.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.
Eh quoi! l’infortuné qui trouve une étincelle
Dans la cendre brûlante où dorment ses ennuis,
Qui saisit cette flamme, et qui fixe sur elle
Ses regards éblouis;
Dans ce passé perdu quand son ame se noie,
Sur ce miroir brisé lorsqu’il rêve en pleurant,
Tu lui dis qu’il se trompe, et que sa faible joie
N’est qu’un affreux tourment!
Et c’est à ta Françoise, à ton ange de gloire,
Que tu pouvais donner ces mots à prononcer,
Elle qui s’interrompt, pour conter son histoire,
D’un éternel baiser!
Qu’est-ce donc, juste Dieu, que la pensée humaine,
Et qui pourra jamais aimer la vérité,
S’il n’est joie ou douleur si juste et si certaine,
Dont quelqu’un n’ait douté?
Comment vivez-vous donc, étranges créatures!
Vous riez, vous chantez, vous marchez à grands pas;
Le ciel et sa beauté, le monde et ses souillures
Ne vous dérangent pas.
Mais lorsque, par hasard, le destin vous ramène
Vers quelque monument d’un amour oublié,
Ce caillou vous arrête, et cela vous fait peine
Qu’il vous heurte le pié.
Et vous criez alors que la vie est un songe,
Vous vous tordez les bras comme en vous réveillant,
Et vous trouvez fâcheux qu’un si joyeux mensonge
Ne dure qu’un instant.
Malheureux! cet instant où votre ame engourdie
A secoué les fers qu’elle traîne ici-bas,
Ce fugitif instant fut toute votre vie;
Ne le regrettez pas!
Regrettez la torpeur qui vous cloue à la terre,
Vos agitations dans la fange et le sang,
Vos nuits sans espérance et vos jours sans lumière,
C’est là qu’est le néant!
Mais que nous revient-il de vos froides doctrines?
Que demandent au ciel ces regrets inconstans
Que vous allez semant sur vos propres ruines
À chaque pas du Temps?
Oui, sans doute, tout meurt; ce monde est un grand rêve,
Et le peu de bonheur qui nous vient en chemin,
Nous n’avons pas plus tôt ce roseau dans la main
Que le vent nous l’enlève.
Oui, les premiers baisers, oui, les premiers sermens
Que deux êtres mortels échangèrent sur terre,
Ce fut au pied d’un arbre effeuillé par les vents
Sur un roc en poussière.
Ils prirent à témoin de leur joie éphémère
Un ciel toujours voilé qui change à tout moment,
Et des astres sans nom que leur propre lumière
Dévore incessamment.
Tout mourait autour d’eux, l’oiseau dans le feuillage,
La fleur entre leurs mains, l’insecte sous leurs piés,
La source desséchée où vacillait l’image
De leurs traits oubliés;
Et sur tous ces débris joignant leurs mains d’argile,
Étourdis des éclairs d’un instant de plaisir,
Ils croyaient échapper à cet Être immobile
Qui regarde mourir!
— Insensés! Dit le sage — Heureux! dit le poète.
Et quels tristes amours as-tu donc dans le cœur,
Si le bruit du torrent te trouble et t’inquiète,
Si le vent te fait peur?
J’ai vu sous le soleil tomber bien d’autres choses
Que les feuilles des bois et l’écume des eaux,
Bien d’autres s’en aller que le parfum des roses
Et le chant des oiseaux.
Mes yeux ont contemplé des objets plus funèbres
Que Juliette morte au fond de son tombeau,
Plus amers que le toast à l’ange des ténèbres
Porté par Roméo.
J’ai vu ma seule amie, à jamais la plus chère,
Devenue elle-même un sépulcre blanchi,
Une tombe vivante, où flottait la poussière
De notre mort chéri,
De notre pauvre amour, que dans la nuit profonde
Nous avions sur nos cœurs si doucement bercé!
C’était plus qu’une vie, hélas! c’était un monde
Qui s’était effacé!
Oui, jeune et belle encor, plus belle, osait-on dire,
Je l’ai vue, et ses yeux brillaient comme autrefois.
Ses lèvres s’entr’ouvraient, et c’était un sourire,
Et c’était une voix;
Mais non plus cette voix, non plus ce doux langage,
Ces regards adorés dans les miens confondus;
Mon cœur encor plein d’elle errait sur son visage,
Et ne la trouvait plus.
Et pourtant, j’aurais pu marcher alors vers elle,
Entourer de mes bras ce sein vide et glacé,
Et j’aurais pu crier: Qu’as-tu fait, infidèle,
Qu’as-tu fait du passé?
Mais non; il me semblait qu’une femme inconnue
Avait pris par hasard cette voix et ces yeux;
Et je laissai passer cette froide statue,
En regardant les cieux.
Eh bien! ce fut sans doute une horrible misère
Que ce riant adieu d’un être inanimé.
Eh bien! qu’importe encor? Ô nature! ô ma mère!
En ai-je moins aimé?
La foudre maintenant peut tomber sur ma tête,
Jamais ce souvenir ne peut m’être arraché.
Comme le matelot brisé par la tempête,
Je m’y tiens attaché.
Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent,
Ni ce qu’il adviendra du simulacre humain,
Ni si ces vastes cieux éclaireront demain
Ce qu’ils ensevelissent.
Je me dis seulement: à cette heure, en ce lieu,
Un jour, je fus aimé, j’aimais, elle était belle.
J’enfouis ce trésor dans mon ame immortelle,
Et je l’emporte à Dieu!
Trang trong tổng số 1 trang (1 bài trả lời)
[1]
Những mong tới đó khóc than,
Sợ rằng thấy cảnh lại tan nát lòng!
Nơi kỳ-ngộ, khách tình-chung,
Chuyện xưa như đã vùi trong mộ này!
Ngại gì quãng vắng, đường xa
Bạn ơi, dìu-dắt lấy ta làm gì?
Biết bao thói cũ, tình si
Vì ta dun-dủi đường đi, lối về!
Kìa gò lá, nọ đồi hoa,
Dấu giầy trên đám phù sa rành rành,
Lối xưa đầy những chuyện tình,
Tay ai khoác lấy tay mình mà đi!
Kìa rừng thông rậm xanh xanh,
Kìa dòng nước chảy quấn quanh lờ-đờ...
Ấy là bạn cũ năm xưa
Ngày vui lên tiếng xa đưa ru người.
Kìa kìa bụi nọ, bờ kia,
Ngày xuân chim hót đường đi vui-vầy;
Người yêu đã quá chốn này,
Lẽ nào cảnh đẹp lâu ngày quên ta?
Để cho giọt lệ tuôn rơi,
Lệ này quý-báu đừng chùi làm chi,
Đau lòng lệ mới lâm-ly,
Để trên mí mắt mà ghi lấy tình!
Ta không khóc hão, than hoài,
Để nơi kỳ-ngộ vang lời biệt-ly.
Vui thay nước hẹn, non thề!
Vui thay một tấm lòng quê êm-đềm!
Ấy ai than khóc sụt-sùi,
Lạy quỳ, khấn vái mộ người cố-tri,
Ở đây sinh thú thiếu gì,
Hoa tang đâu có mọc chi chốn này?
Trăng lên chưa khỏi ngàn cây,
Chị Hằng lấp ló trong mây chưa nhìn,
Thế mà quá lớp mây đen,
Mặt hoa đâu đã nở lên bao giờ.
Bao nhiêu hương xạ ban ngày,
Từ trong đất ẩm mà bay ra ngoài;
Tình xưa trong-trẻo, êm-vui,
Cũng từ trong cõi lòng người mà ra!
Đâu là nỗi thảm, tình thương?
Cái già lúc ấy như dường xa ta,
Chỉ trông lũng cũ chưa già,
Mà người lại trẻ như là năm xưa.
Hỡi năm tháng! Hỡi thời gian!
Bao nhiêu sầu não ngươi mang đi rồi,
Thế mà ngươi vẫn thương ai,
Hương thừa còn để, hoa phai chẳng vùi.
Ai ngờ chịu nổi bấy lâu,
Vết thương đã gắn, nỗi sầu cũng tan.
Ấy là công đức thời-gian,
Càng đau đớn lắm, càng khoan-khoái nhiều!
Bỏ phăng những cái hão-huyền.
Bao nhiêu tang-lễ, tục-truyền vẩn vơ.
Ta đâu như kẻ thờ ơ,
Không yêu mà cứ khóc vờ tình xưa?
“Trên đời khổ sở gì tày
Chuyện vui nhớ lại trong ngày thê-lương”
Ông Đăng sao nói lạ nhường?
Muốn trêu ghẹo khách đoạn-trường chi đây?”
Không còn ánh sáng nữa sao?
Bóng dương đêm tối lẽ nào quên đi?
Hồn kia vô-hạn sầu bi
Chính ngươi đã nói những gì với ai?
Dưới kia soi tỏ lòng ta,
Lời khinh-bạc ấy chẳng qua dối người;
Mộng kia lại thật hơn đời,
Vui xưa mà lại gấp mười mừng nay!
Kìa ai bên đống tro-tàn,
Lửa vui đã lấp trong than thảm sầu
Bới than, nhìn lửa hồi lâu,
Mắt tuy đã quáng, lòng nào nguội tanh.
Hồn ai cõi mộng đắm chìm,
Bình tan, gương vỡ chạnh niềm nhớ thương,
Người rằng: sao khéo mơ-màng,
Cái vui là cái đoạn-tràng đó thôi...
Trời ơi! tư-tưởng là gì?
Mà yêu chân-lý làm chi cho hoài?
Nếu không có sự buồn, vui
Rõ-ràng, chân-thật để người không nghi.
Hỏi thăm ai đó thế nào?
Ai cười, ai hát, ra vào khoan-thai,
Mặc dầu nhân sự, thiên thời,
Chẳng hề vương-bận đến ai bao giờ;
Nhưng khi lỡ bước tình cờ,
Tới nơi kỳ-ngộ hững hờ bấy nay,
Bực mình dừng bước chốn này,
Sỏi kia vướng phải gót giầy tự nhiên,
Kêu đời là giấc hoàng-lương,
Giật mình như lúc mơ-màng tỉnh ra,
Than rằng: ngày tháng như thoa,
Cuộc vui ngắn-ngủi có là bao nhiêu!
Tiếc gì những phút vui kia?
Dây trần buộc chặt đã tê tái mà!
Hồn sầu khi đã gỡ ra,
Thì giây phút ấy chính là chung-thân!
Tiếc khi giam-hãm trên đời,
Tiếc khi vùng-vẫy những nơi máu, bùn
Thờ-ơ ngày tối, đêm buồn,
Rỗng-không, hết sạch thôi còn mong chi!
Ai ơi! thuyết lý làm gì?
Trời đâu chứng nỗi sầu bi bất thường?
Biết bao nỗi thảm, tình thương
Mà người rải-rắc trên đường diệt-vong!
Vốn đời là giấc mộng dài.
Xưa nay hạnh phúc cõi người được bao?
Khác nào hoa sậy, bông lau,
Chưa vin gió đã thổi mau đi rồi.
Biết bao duyên nợ thề bồi,
Trăm năm vàng đá, lứa đôi hẹn hò,
Trên lèn đổ, dưới cành khô,
Bụi bay, lá rụng, gió thu thổi vèo!
Thú vui phỏng được là bao?
Chứng minh nhờ cả mây sao trên trời,
Mây kia tán, tụ không thôi,
Sao kia thay bực, đổi ngôi đời đời...
Trông ra mộng-ảo quanh mình,
Trong tay hoa héo, dưới cành chim khô,
Trông ra vơi suối, cạn hồ,
Luống quên hình-ảnh con đò năm xưa.
Dúng tay vào đống tro tàn,
Mảng vui một chốc mê-man biết gì?
Tưởng rằng tránh khỏi trời kia,
Sinh sinh, hoá hoá có khi thoát vòng.
Ở đời sướng cũng vì si,
Biết ra còn có vui gì nữa không?
Tình đâu còn ở trong lòng
E-dè gió cả, hãi hùng sóng to?
Tuồng ảo-hoá mắt đã từng.
Cứ gì bọt bể, lá rừng mà thôi.
Cứ gì hoa rụng hương bay.
Chim đi tiếng mất rồi cây cũng tàn!
Mắt trông nhiều vật gớm-ghê
Hơn cô Duy-yết ngủ mê dưới mồ.
Hơn bữa tiệc gã Mê-ô
Chén quỳnh khánh-hạ dâng cho Hung-thần.
Mắt trông thấy bạn tương-tri
Lạnh-lùng, rùng-rợn khác chi mộ-phần,
Một mồ chôn hết ái ân,
Đống do còn đó, tình thân mất rồi!
Than ôi! một mảnh tình chung,
Cùng nhau ôm-ấp trên lòng hôm mai!
Há rằng tan nát một đời,
Cả một thế-giới tan rồi còn chi!
Trông còn thắm, ngắm càng tươi,
Mắt nhìn vẫn sáng, miệng cười thêm xinh,
Nhưng sao ra vẻ vô tình.
Câu cười, tiếng nói như hình trêu ngươi.
Chuyện không đằm thắm như xưa
Mắt sao khác lúc say sưa mơ màng:
Tim ta đầy ắp nỗi nàng,
Mặt hoa dù thấy, lòng vàng tìm đâu?
Nhưng ta có thể tới gần,
Giơ tay ôm lấy xác trần mà than:
“Bạc-tình chi mấy hồng-nhan,
Duyên xưa, nghĩa cũ tính toan thế nào?”
Hình như mắt nọ, tiếng kia,
Tình cờ ai đã cướp đi bao giờ;
Lạnh lùng tượng đá trơ-trơ,
Trông trời ta cứ làm ngơ cho rồi!
Dẫu rằng người đã phụ ta,
Một lời cự tuyệt khổ là bao nhiêu!
Trời ơi! một tấm lòng yêu
Há rằng vì thế giảm chiều nhớ thương?
Dẫu rằng sấm sét trên đầu,
Lòng này, bóng ấy cùng nhau khôn rời.
Ta như bác lái ngoài khơi,
Trong cơn sóng gió, giữ lời nước non.
Biết rằng đồng có nở hoa?
Xác trần chẳng biết sau ra thế nào?
Biết rằng muôn trượng trời cao
Còn soi những vật bị đào-thải không?
Lòng ta chỉ biết chốn này,
Bây giờ, hôm ấy, sum-vầy cùng vui
Người yêu, ta lại yêu người,
Tình này dằng-dặc muôn đời không quên...
Bình luận nhanh 0
Bạn đang bình luận với tư cách khách viếng thăm. Để có thể theo dõi và quản lý bình luận của mình, hãy đăng ký tài khoản / đăng nhập trước.