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Trung tâm (Roger Giroux): Nguyên bản tiếng Pháp

Le centre est noir

Le centre est noir,
Et la parole n'éteint pas la lèpre du visage.
Son pouvoir s'étiole, hors du cercle,
Et s'échoue, au bord d'un astre sans chaleur.

Et c'est la nuit, la chute vague.
Et le ciel tourne dans la main qui s'éloigne
Du cœur.

Nguồn: L'Arbre, le temps (NXB Mercure de France, 1979)


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Trò chuyện (Jean Tardieu): Nguyên bản tiếng Pháp

Conversation
(Sur le pas de la porte, avec bonhomie)

Comment ça va sur la terre?
— Ça va, ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?
— Mon Dieu oui merci bien.

Et les nuages ?
— Ça flotte.

Et les volcans?
— Ça mijote.

Et les fleuves?
— Ça s'écoule.

Et le temps?
— Ça se déroule.

Et votre âme?
— Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.


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Trách nhiệm (Jean Tardieu): Nguyên bản tiếng Pháp

Vous étiez pourtant responsable
(à Guillevic)

Et pendant ce temps-là que faisait le soleil ?
— Il dépensait les biens que je lui ai donnés.

Et que faisait la mer ? — Imbécile, têtue
elle ouvrait et fermait des portes pour personne.

Et les arbres ? — Ils n’avaient plus assez de feuilles
pour les oiseaux sans voix qui attendaient le jour.

Et les fleuves ? Et les montagnes ? Et les villes ?
— Je ne sais plus, je ne sais plus, je ne sais plus.

Nguồn: Domaine français (Éditions Gallimard, 1943)


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Tiếng nói trong khoảng cách (Jacques Réda): Nguyên bản tiếng Pháp

La voix dans l'intervalle

Peut-être devons-nous parler encore un peu plus bas,
De sorte que nos voix soient un abri pour le silence;
Ne rien dire de plus que l'herbe en sa croissance
Et la ruche du sable sous le vent.
L'intervalle qui reste à nommer s'enténèbre, ainsi
Que le gué traversé par les rayons du soir, quand le courant
Monte jusqu'à la face en extase des arbres.
(Et déjà dans le bois l'obscur a tendu ses collets,
Les chemins égarés qui reviennent s'étranglent.)
Parler plus bas, sous la mélancolie et la colère,
Et même sans espoir d'être mieux entendus, si vraiment
Avec l'herbe et le vent nos voix peuvent donner asile
Au silence qui les consacre à son tour, imitant
Ce retrait du couchant comme un long baiser sur nos lèvres.

Nguồn: Amen (NXB Gallimard, 1968)


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Thi sĩ (René Char): Nguyên bản tiếng Pháp

Poètes

La tritesse des illettrés dans les ténèbres des bouteilles
L'inquiétude imperceptible des charrons
Les pièces de monnaie dans la vase profonde

Dans les nacelles de l'enclume
Vit le poète solitaire
Grande brouette des marécages

Nguồn: René Char ou Le mystère partagé (Editions Champ Vallon, 1989)


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Những chú thỏ (Théodore de Banville): Nguyên bản tiếng Pháp

Lapins

Les petits lapins, dans le bois,
Folâtrent sur l'herbe arrosée
Et, comme nous le vin d'Arbois,
Ils boivent la douce rosée.

Gris foncé, gris clair, soupe au lait,
Ces vagabonds, dont se dégage
Comme une odeur de serpolet,
Tiennent à peu près ce langage:

Nous sommes les petits lapins,
Gens étrangers à l'écriture
Et chaussés des seuls escarpins
Que nous a donnés la Nature.

Près du chêne pyramidal
Nous menons les épithalames,
Et nous ne suivons pas Stendhal
Sur le terrain des vieilles dames.

N'ayant pas lu Dostoïewski,
Nous conservons des airs peu rogues
Et certes, ce n'est pas nous qui
Nous piquons d'être psychologues.

Exempts de fiel, mais non d'humour
Et fuyant les ennuis moroses,
Tout le temps nous faisons l'amour,
Comme un rosier fleurit ses roses.

Nous sommes les petits lapins,
C'est le poil qui forme nos bottes,
Et, n'ayant pas de calepins,
Nous ne prenons jamais de notes.

Nous ne cultivons guère Kant;
Son idéale turlutaine
Rarement nous attire. Quant
Au fabuliste La Fontaine,

Il faut qu'on l'adore à genoux;
Mais nous préférons qu'on se taise,
Lorsque méchamment on veut nous
Raconter une pièce à thèse.

Étant des guerriers du vieux jeu,
Prêts à combattre pour Hélène,
Chez nous on fredonne assez peu
Les airs venus de Mitylène.

Préférant les simples chansons
Qui ravissent les violettes,
Sans plus d'affaire, nous laissons
Les raffinements aux belettes.

Ce ne sont pas les gazons verts
Ni les fleurs, dont jamais nous rîmes
Et, qui pis est, au bout des vers
Nous ne dédaignons pas les rimes.

En dépit de Schopenhauer,
Ce cruel malade qui tousse,
Vivre et savourer le doux air
Nous semble une chose fort douce,

Et dans la bonne odeur des pins
Qu'on voit ombrageant ces clairières,
Nous sommes les tendres lapins
Assis sur leurs petits derrières.

Nguồn: Oeuvres poétiques complètes de Théodore de Banville, tập 7 - Nous tous. Sonnailles et clochettes.


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Nhìn buổi sáng (Théodore de Banville): Nguyên bản tiếng Pháp

Viens. Sur tes cheveux noirs...

Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille.
Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille,
Allons voir le matin se lever sur les monts
Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons.
Sur les bords de la source aux moires assouplies,
Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies,
Il reste dans les champs et dans les grands vergers
Comme un écho lointain des chansons des bergers,
Et, secouant pour nous leurs ailes odorantes,
Les brises du matin, comme des soeurs errantes,
Jettent déjà vers toi, tandis que tu souris,
L'odeur du pêcher rose et des pommiers fleuris.

Nguồn: http://poesie.webnet.fr/p...s/France/banville/42.html

Cũng có nguồn cho tiêu đề là Allons voir le matin se lever


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Và rồi là nụ cười (Paul Éluard): Nguyên bản tiếng Pháp

Et un sourire

La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l'affirme,

Au bout du chagrin une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, faim à satisfaire,

Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.


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Sonnet cho Sinope (Pierre de Ronsard): Nguyên bản tiếng Pháp

Sonnet pour Sinope

Si j'étais Jupiter, maîtresse, vous seriez
Mon épouse Junon; si j'étais roi des ondes,
Vous seriez ma Téthys, reine des eaux profondes,
Et pour votre palais le monde vous auriez:

Si le monde était mien, avec moi vous tiendriez
L'empire de la terre aux mamelles fécondes,
Et dessus un beau coche, en longues tresses blondes,
Par le peuple en honneur déesse vous iriez.

Mais je ne suis pas dieu, et si ne le puis être;
Le ciel pour vous servir seulement m'a fait naître.
De vous seule je prends mon sort aventureux.

Vous êtes tout mon bien, mon mal, et ma fortune;
S'il vous plaît de m'aimer, je deviendrai Neptune,
Tout Jupiter, tout roi, tout riche et tout heureux.

Bản dịch tiếng Anh của Timothy Adès:
Sonnet for Sinope

Lady, if I were Jupiter, you'd be
Juno my spouse; or if I ruled the main,
You would be Tethys, Ocean's mighty queen,
And all the world your royal court would be.

Were the world mine, as lords of ev'ry land
The milk-fed, teeming empire we would share;
You'd go in splendid coach and tresses fair,
Honoured by all, a goddess in command.

But I'm no god, and god I cannot be,
Solely to serve you, heaven nurtured me;
On you depends my lucky venturing.

You are my good, my ill, and my fortune:
If you will love me, I'll become Neptune,
And Jupiter, rich, happy and a king.

Nguồn: http://colecizj.easyvserver.com/pfronsin.htm


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“Khi em đã già, buổi tối bên ngọn nến...” (Pierre de Ronsard): Nguyên bản tiếng Pháp

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

(Bản tiếng Pháp cổ)

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle. »

Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et fantôme sans os
Par les ombres myrteuxa je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueilllez dès aujourd'hui les roses de la vie.

(Bản tiếng Pháp hiện đại)


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